samedi 25 octobre 2008

Quartiers de Haute Sécurité - Touche pas à mon yacht

Le nombre de suicides dans les prisons françaises a pris un essor prodigieux. Il y a donc en France quelques chiffres en croissance positive. Comment s’étonner de tels chiffres quand la presse et la classe politique assomment les habitants de la France avec la crise financière ?

Les prisons sont pleines de personnes tombées suite à des enquêtes de brigades financières ultra-violentes. Les interpellations faites par ces brigades bien connues sont réputées pour être extrêmement brutales. On vous jette du lit à 6h00 du matin. Votre femme s’oppose aux forces de l’ordre ? On lui sert du « Ta gueule salope ! » Et oui le tutoiement est de rigueur au sein de ces brigades. On vous humilie devant vos employés, on vous fouille au corps, vous jette dans des cellules insalubres et surpeuplées et vous bouffez de la merde. Quand vous savez qu’en plus dans le monde libre l’économie s’effondre, le suicide apparaît comme une porte de sortie acceptable.


Mais pourquoi voulez-vous m’interrompre ? Comment, ce ne sont pas ces gens là qui se suicident ? Ils ne sont d’ailleurs pas si nombreux dans les prisons ? Vous êtes sûrs ? Je serais mal informé d’après vous ?

Je suis pourtant informé que le 7 octobre dernier, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité une résolution appelant les États à agir contre la piraterie au large de la Somalie en employant les moyens nécessaires. Jean-Maurice Ripert, ambassadeur de France à L’ONU a assuré que l’union européenne a décidé de préparer une opération militaire avant la fin de l’année.Des pirates somaliens sont déjà dans des prisons françaises.

Lorsque Nicolas Sarkozy a décidé d’aller chercher avec les dents le point de croissance de la population carcérale, il ne mentait pas. Bien évidemment, ces pirates bénéficient de conditions d’incarcération scandaleusement idéales. Ils voyagent gratuitement dans un pays dont ils ne connaissent pas la langue et dans lequel ils n’ont aucun ami. Un dépaysement de première classe. En voilà qui ne risquent pas de se suicider.

jeudi 9 octobre 2008

Just Do it

Chers amis américains.

Il paraît que les français sont des anti-américains primaires, critiques à votre égard, vous qui vivez dans la plus grande Démocratie du monde. Vous n’en avez probablement rien à foutre mais on vous trouve incultes et arrogants (cela va souvent de paire), on critique votre système scolaire, votre non système de santé, on vous trouve gros. On n’aime pas votre président actuel, mais vous non plus donc ça ne compte pas. On aime d’avance le prochain, le démocrate (tout le monde peut se tromper). On n’aime pas vos films, à part ceux qui sont comme les gros mais avec moins d’argent. On n’aime pas vos grosses bagnoles et plus généralement votre mode de vie. On n’aime pas votre système de retraites privées et d’ailleurs ces temps-ci, elles sont pas à la fête.
On n’aime pas vos armes à feu.

Enfin… Du moins… A la réflexion, en ce moment, on en viendrait presque à vous envier la facilité avec laquelle vous pouvez vous procurer des armes. Aujourd’hui, vous avez de bonnes raisons de vous en servir. Vous savez ce qu’il vous reste à faire, repérez vos cibles à Wall Street, Washington, Chicago, Seattle etc. Suivez les puissants à la sortie de leur travail, des centres de conférences, des grands hôtels, accompagnez les à leur domicile.

D’ailleurs, c’est avec votre argent et celui de vos enfants qu’ils vont travailler, ils peuvent bien vous inviter à dîner. Bref, soyez leur ombre. Vous n’êtes pas obligé d’appuyer sur la gâchette mais simplement leur laisser penser que c’est une possibilité. Et si vraiment vous n’y tenez plus, appuyez, faites le. Faites le pour vous, Faites le pour vos enfants, faites le pour nous.

P.S. Qu’est-ce qu’ils attendent les distributeurs de Louise Michel, le film de Kervern et Delépine, pour en avancer la sortie ? C’est maintenant qu’il faut qu’il sorte.

mercredi 8 octobre 2008

Les fils de leurs pères

Entendu sur France Inter Mardi 7 octobre dans le téléphone sonne consacré à la crise.

Thierry de Montbrial, est l’organisateur à Evian de la World Policy Conference, un gros raout international réunissant, comme indiqué sur le site, leaders internationaux et experts et dont le sponsor principal est Total.

Invité hier, voici ce qu'il a dit : « Il faut revenir à l’histoire. On connaissait parfaitement le phénomène du coup de Grisou dans les mines de charbon, on savait ce qu’il fallait faire pour l’éviter, il a fallu attendre un accident avec mille morts pour qu’on prenne les décisions correspondantes.»

Monsieur, personne à France Inter n’a jugé bon d’interrompre votre larmoyante tirade, il y a pourtant deux choses au moins à en retenir.

Votre modestie vous pousse à employer un « on » générique plutôt que « nous » mais vous avez parfaitement raison, Monsieur, vous et vos amis leaders du Monde êtes bien de la même trempe que vos ancêtres patrons des mines de charbons. Il leur a fallu attendre mille morts en une fois car moins de mille et les coups de gueule des mineurs cela ne suffisait pas.

Mais vous mentez. Ce n’est pas mille morts qui ont changé le comportement de vos ancêtres, ce sont les grèves qui les ont fait plier.

Considérez ceci comme une introduction à un texte prévu pour demain…

lundi 6 octobre 2008

Jeu-test

Pour augmenter l'audience de ce blog, voici un jeu qui devrait séduire le plus grand nombre.

« Ce sentiment de démocratie s’est trouvé renforcé par le tournage en numérique. Trois caméras suivaient en permanence les uns et les autres, ne laissant rien passer de ce qui pouvait surgir, attrapant à la volée les réflexions, les attitudes, les détails, toutes les nuances du tableau et les amorces de nouvelles intrigues… »

D’où vient cette phrase ?

- Le dossier de presse du fichier Edwige ?
- Une brochure publicitaire du Pass Navigo RATP payant validé par la Région île de France ?
- Une déclaration de l’association des maires de France pour la vidéo surveillance ?

Indices et remarques : Notez qu’il n’est question que de « sentiment de démocratie » comme on parle de « sentiment d’insécurité ». Remarquez également qu’il s'agit de « ne rien laisser passer », « d’attraper à la volée. »

Alors, pas plus d’idée ?
- Rudolph Giuliani et la tolérance zéro ?
- Une déclaration du temps de la guerre froide ? le mur de Berlin, celui séparant le Mexique des Etats-Unis, celui d’Israël en Cisjordanie ?
- Un livre de George Orwell ?

A vos claviers pour les réponses...

La soif de l'or

Réjouissons nous, la finance va être régulée autrement, les puissances publiques ne vont plus laisser faire les banquiers. En ces temps d’États aux caisses vides, nous voilà rassurés. Et de quelles puissances publiques s’agit-il ? Celles des coups d’états en Amérique du sud ? Celles des coups d’états en Afrique ? Celles des Émirats qui redistribuent les richesses mieux que les autres ? Celles qui cachent la vérité sur des produits laitiers contaminés au nom de l’esprit olympique ? Tant de combinaisons plus alléchantes les unes que les autres. Parlant de combinaison, la réunion du G4 se faisait avec Berlusconi, qui lui a raison de se vanter de passer ses vacances sur son propre yacht. Bref, nous voilà rassurés pour l’avenir du monde.

Et pour commencer, vous avez signé un contrat avec une grosse entreprise ? l’État vous somme de le déchirer. Vos deux ans de salaire garantis par contrat en cas de rupture, vous pouvez tirer un trait dessus sans que cela perturbe personne. Au fait qui garantit l’épargne des épargnants français déjà ?

L’État français, bien sûr, le même qui a décidé de soutenir l’immobilier en proposant l’acquisition de 30000 logements issus de programmes neufs dont les mises en chantiers sont stoppées pour cause de crise. Est-ce cette gestion étatique dont nous avons besoin ? Le ministre de l’écologie était absent de la réunion des ministres qui ont décidé cette trouvaille ainsi que d’autres. Y a-t-il une réflexion de long terme et de qualité environnementale ou plus prosaïquement de qualité du bâti qui a motivé cette proposition ? Quels sont les logements issus de programmes privés qui entrent dans ce nouveau paquet, car il faut bien le reconnaître, depuis que Sarkozy est aux manettes, tout est question de paquet. Quel type de chauffage, quelle implantation par rapport au soleil , à l’environnement, à la ville, aux transports en commun ? Quels types de matériaux ? M’est avis que la principale question qui taraude nos chers ministres est celle du prix à payer maintenant, pas dans 20 ans. La longévité et la rentabilité énergétique du bâtiment n’a pas l’air de les inquiéter.

Pourquoi pas faire pareil avec le secteur automobile, avec les vignerons qui peinent à vendre leur production ? D’ailleurs, étant donné que tout se casse la gueule, que la bourse baisse, que l’euro baisse, que le pétrole baisse, que l’or baisse, qu’est-ce qui monte ? La drogue ? Qui peut me dire si les prix baissent aussi sur ces produits ?

Le plus inquiétant dans cette affaire, c’est de voir que les banques sont tout de même parvenues à s’entendre pour finaliser un prêt de 14 milliards d’euros pour permettre à EDF de racheter British Energy et ainsi se lancer dans un gros programme de réacteurs nucléaires. Si les banques parient à présent sur le nucléaire après avoir misé sur les Subprimes, c’est qu’on est mal barré.

L'État sera donc la nouvelle autorité céleste vers laquelle se tourner. Cette autorité sera-t-elle pour autant supérieure à l'esprit olympique ?

lundi 29 septembre 2008

Retour sur Paris Match

Certains se sont offusqués des photos de Paris Match présentant les afghans supposés responsables de la mort de soldats français. Il s’en suivit une brève polémique comme les aime le cercle politico-médiatique. Pourtant, il est de notoriété publique que Paris Match appartient au groupe Lagardère, dont le président est un proche du nôtre. La rédaction de Match chercherait-elle à faire du tort aux intérêts de la France en faisant la promotion de ses ennemis en Afghanistan ? Cette rédaction n’a-t-elle pas retenu les leçons du passé ?

Allons quoi ! Cette bande de sauvages vêtus des uniformes des militaires français qu’ils assassinent nous narguent et on va rester les bras ballants ? Vont-ils bientôt violer nos femmes eux qui violent nos morts et brandissent leurs effets personnels dont une montre, symbole de l’importance du timing en temps de guerre. Le timing donc : Une embuscade le 18 août, un reportage photo le 4 septembre suivi d’une bonne polémique et un vote en assemblée le 22 septembre, pour la poursuite d’une intervention militaire en Afghanistan.

Et vous pensez encore que ce reportage était une erreur ? Que Lagardère ignore ce qui se passe chez Match comme il plaidait l’ignorance dans l’affaire EADS ? EADS qui fabrique missiles et Eurocoptères entre autres choses. Qui fabrique et qui vend, de temps en temps. En temps de guerre, par exemple.

Et vous avez encore le mauvais esprit de dire que Match fait du reportage choc pour vendre du papier !

jeudi 25 septembre 2008

Pour une dérégulation de la finance

A croire les économistes radiodiffusés, il n’y aurait plus de pilote aux manettes de l’économie mondiale. Bien sûr, eux-mêmes ont la solution, il suffit de réguler la finance mondiale devenue immorale. Laurence Parisot annonce sur France Inter que nous courrons un grand danger, « on est tous dans le même bateau » dit-elle. C’est sans doute la raison pour laquelle aujourd’hui, tout le monde critique les parachutes dorés. Ils sont en effet sans efficacité dans un bateau qui fait naufrage.

Mais la finance est-elle dérégulée ? Pas que je sache, et pas plus aujourd’hui que par le passé.
L’argent circule, il semble n’en faire qu’à sa tête mais il est parfaitement régulé. Bien sûr, de temps en temps une digue peut céder et provoquer des dégâts ou même faire un heureux imprévu, mais la plupart du temps l’argent va bien là où on lui a demandé d’aller dans ce hold-up permanent imaginé par les pères du capitalisme.

Laurence Parisot voit dans la crise actuelle un « onze septembre de la finance ». Sachant que Nicolas Sarkozy parle ce soir au cours d’un meeting, faut-il voir en lui un nouveau Pinochet ? Ou bien, passant allègrement de la marine à l’aviation civile, la patronne du MEDEF se voit-elle dans un avion en train de s’écraser ? De quel 11 septembre s'agit-il enfin ? 2001 ou 1973 ? Un stade chilien transformé en prison à ciel ouvert pour le peuple opposant, est-ce comparable avec une crise qui confisque leur maison à des milliers d'étasuniens ? Pardon, j'oubliais que c'est de la crise financière que nous sommes solidaires, pas de celle des subprimes.

Cette relativité est assez intéressante car après tout le danger est-il palpable ? Quantifiable ? Si je ne peux pas me nourrir, me loger, si je vis dans un pays où la police me tabasse chaque fois que j’ouvre ma bouche, je comprends ce que veut dire le mot danger. On ne doit pas courir un danger de cette nature puisque ceux-ci n’ont jamais provoqué d’injection d’argent de la part de la BCE ou de la FED. Nous allons face à des dangers indicibles.

Indicible ne veut pas dire petit. Il faut pointer du doigt, grossir à la loupe, nous assommer avec la grosseur du machin. Sarkozy a converti ses collègues maîtres du monde au programme de Bigard : On met le paquet. Les patrons voyous sont des gros dégueulasses. Et oui, plus c’est gros plus ça passe, mais faut quand même pas pousser, même chez les grands de ce monde. Le gâteau est gros, on s’arrange pour ne pas être nombreux à se le partager mais il se trouve toujours des mauvais joueurs qui veulent des parts beaucoup plus grosses que les autres. Ça c’est pas bien.

Pourtant, les méthodes financières qui ont fait sombrer des banques (et en ont fait grossir d’autres) sont les mêmes qui ont généré des profits records ces dernières années. Personne (parmi les pointures autorisées) n’a réclamé des comptes, ou plaidé pour (attention un gros mot) une redistribution des richesses dans les moments d’euphorie. C’est pourquoi on a d’autant plus intérêt à nous faire croire aujourd'hui que la crise est grave et que toutes les mesures qui vont être prises le seront pour notre bien à tous.

Ce qui doit nous rassurer, quoi qu'il arrive, c'est que le président de notre République se donne l'air de vouloir tout foutre en l'air dans un pays qui compte un joli nombre de présidents assassinés...

... On peut rêver qu'il lui prenne vraiment l'envie de tout foutre en l'air

Ps Merci à Gillinoui pour la relecture